Points clés à retenir
- Le jalon : Pour la première fois dans l’histoire, la demande mondiale pour les trois combustibles fossiles (pétrole, gaz, charbon) a culminé avant 2030, marquant la fin du « siècle des hydrocarbures ».
- The Driver : Le pivotement massif de la Chine vers les véhicules électriques et l’énergie solaire en est la principale cause. À mesure que le plus grand consommateur d’énergie au monde évolue, le marché mondial suit.
- La conséquence : Nous entrons dans le « plateau ondulé » – une période de demande stagnante et de prix volatils alors que les producteurs se battent pour des parts de marché dans un gâteau qui se rétrécit.
« Peak Oil » signifiait autrefois le jour où nous avons manqué de pétrole. Maintenant, cela signifie le jour où nous cesserons de le vouloir.
Selon le rapport de l’Agence internationale de l’énergie (AIE) de fin 2025, ce jour est arrivé.
Malgré la croissance des économies en Inde et en Afrique, les gains d’efficacité en Occident et l’électrification rapide de la Chine ont créé un plafond. Nous n’allons pas arrêter d’utiliser le pétrole demain – la demande restera élevée pendant des décennies – mais nous n’en utiliserons probablement jamais plus qu’en 2024. Il s’agit d’un changement fondamental dans l’économie mondiale.
Le facteur Chine : le dragon passe au vert
La Chine est l’histoire. Pendant vingt ans, l’appétit insatiable de la Chine pour l’énergie a été à l’origine des supercycles mondiaux des matières premières. Maintenant, ce moteur s’est inversé.
- Dominance des véhicules électriques : en 2025, 50 % de toutes les voitures neuves vendues en Chine étaient des NEV (véhicules à énergie nouvelle). Cela a remplacé 1,5 million de barils de pétrole par jour.
- Blitz renouvelable : La Chine a installé plus de panneaux solaires rien qu’en 2024 que les États-Unis n’en ont installé dans toute leur histoire.
- Le résultat : lorsque l’usine mondiale passe au vert, la demande de charbon (pour l’électricité) et de pétrole (pour le transport) s’effondre. La demande chinoise de charbon a culminé en 2023, et sa demande de pétrole atteint actuellement son maximum.
Répartition régionale : une histoire de deux mondes
Même si la moyenne mondiale s’aplatit, la situation varie considérablement selon les régions.
Le déclin : l’OCDE et la Chine
En Amérique du Nord et en Europe, la demande est en déclin structurel. Les normes d’efficacité énergétique, l’adoption des véhicules électriques et les installations de pompes à chaleur réduisent de 2 à 3 % la demande annuelle de combustibles fossiles.
- Essence américaine : la demande est en baisse de 15 % par rapport à son pic de 2019, une tendance qui s’accélère à mesure que le renouvellement du parc de véhicules électriques atteint une masse critique.
La croissance : Inde et Asie du Sud-Est
L’Inde est le nouveau moteur de la demande énergétique. Cependant, contrairement à la montée en puissance de la Chine dans les années 2000, l’Inde « fait un bond en avant ». Ils construisent certes des centrales au charbon, mais ils déploient également l’énergie solaire à un rythme record. La croissance ici atténue le déclin ailleurs, mais cela ne suffit pas à pousser le total mondial vers de nouveaux sommets.
Ondes de choc économiques
Cette transition n’est pas seulement environnementale ; c’est géopolitique et financier.
1. Le « Plateau vallonné »
Nous ne tombons pas d’une falaise. Nous entrons dans un long plateau. La demande peut baisser une année et augmenter l’année suivante, mais la ligne de tendance est plate. Cela rend les décisions d’investissement incroyablement difficiles pour les majors pétrolières.
- Exxon & Chevron : Ils se tournent vers les « barils avantageux » – une production à faible coût et à faible teneur en carbone (comme le bassin permien) qui peut rester rentable même si le pétrole chute à 50 $/baril.
2. Les pétrostates à l’horloge
Les pays qui dépendent des revenus pétroliers (Russie, Arabie Saoudite, Nigéria) sont confrontés à un « compte à rebours ». La Vision saoudienne 2030 n’est pas qu’un projet vaniteux ; c’est une stratégie de survie. Si la demande chute plus rapidement que prévu, nous pourrions assister à une « guerre des prix » alors que les producteurs inonderont le marché pour monétiser leurs réserves avant qu’elles ne perdent aucune valeur.
3. Actifs bloqués
Des milliards de dollars investis dans des projets potentiels d’exploration pétrolière risquent désormais de devenir des « actifs bloqués ». Si la demande chute, les projets coûteux (comme le forage dans l’Arctique ou les sables bitumineux canadiens) ne généreront jamais de bénéfices. Les investisseurs en tiennent déjà compte, exigeant des dividendes plus élevés aujourd’hui plutôt que la croissance demain.
La longue queue
Le déclin sera lent. Nous brûlerons du pétrole pour le plastique, l’aviation et le transport maritime pendant des décennies. Mais l’ère de la croissance est révolue. La transition énergétique est passée du « début » au « milieu du jeu ». La question n’est plus de savoir si nous allons faire la transition, mais à quelle vitesse et qui sera laissé pour compte.
Nos sources (2)
- iea.org IEA World Energy Outlook 2025
- rystadenergy.com Rystad Energy Analysis
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