Points clés à retenir
- Le programme : L’initiative de capacité de modèle (MCI) de Meta capture les mouvements de souris, les clics, les frappes de clavier et effectue des captures d’écran périodiques sur les ordinateurs portables professionnels américains. Le suivi s’applique sur « plusieurs centaines » de sites externes, dont Google, LinkedIn, Wikipedia, GitHub et Slack. Il n’existe aucune possibilité d’exemption (opt-out) sur les machines fournies par l’entreprise.
- Le calendrier : Le programme MCI a été dévoilé aux salariés fin avril. Quarante-huit heures plus tard, Meta annonçait la suppression de 8 000 postes (environ 10 % de ses effectifs) avec effet au 20 mai 2026, ainsi que le gel de 6 000 postes vacants.
- La fronde : Le mardi 12 mai, des employés ont placardé des tracts sur les distributeurs automatiques et les dévidoirs de papier toilette de plusieurs bureaux américains. Ils y qualifiaient Meta d’« Usine d’extraction de données des employés » et renvoyaient vers une pétition s’appuyant sur la loi nationale sur les relations de travail (NLRA).
- La géographie : Les salariés européens de Meta sont exclus du programme MCI ; le RGPD et les législations nationales de protection des travailleurs interdisent ce type de surveillance sans consentement explicite. Cette exclusion est l’illustration la plus flagrante de la nature réelle de ce programme.
Le calendrier
Le 21 avril 2026 ou autour de cette date, le directeur de la technologie (CTO) de Meta, Andrew Bosworth, a informé les équipes des Superintelligence Labs du déploiement d’un nouveau programme interne. Baptisé Model Capability Initiative (MCI), ce logiciel vise à enregistrer l’activité des salariés sur leurs ordinateurs professionnels. Le programme enregistre les mouvements de souris, les clics, les frappes de clavier et effectue des captures d’écran régulières sur plusieurs centaines de sites web et d’applications, parmi lesquels Google, LinkedIn, Wikipedia, GitHub (Microsoft), Slack (Salesforce) ou encore Atlassian.
Deux jours plus tard, le 23 avril, la directrice des ressources humaines de Meta, Janelle Gale, diffusait une autre note annonçant la suppression d’environ 8 000 postes à l’échelle mondiale, soit près de 10 % des effectifs. En parallèle, 6 000 offres d’emploi en cours étaient annulées. La date effective de départ des salariés concernés a été fixée au 20 mai 2026.
Le mardi 12 mai, dans plusieurs bureaux américains de Meta, des salariés surveillés depuis près de trois semaines ont commencé à placarder des tracts sur les distributeurs de boissons, les murs des salles de réunion et dans les toilettes. Les tracts interpellaient directement les équipes : « Vous ne voulez plus travailler dans l’Usine d’extraction de données des employés ? », en les invitant à signer une pétition en ligne. L’argumentaire de cette pétition tenait en une phrase simple : « Les travailleurs sont légalement protégés lorsqu’ils choisissent de s’organiser pour obtenir l’amélioration de leurs conditions de travail. » Il s’agit d’une référence directe aux droits garantis par la section 7 de la loi nationale sur les relations de travail (NLRA), qui protège l’action concertée des salariés visant leur intérêt ou leur protection mutuelle.
Huit jours après cette action, l’échéance des licenciements arrivait à son terme.
Le lien de cause à effet est évident. Meta déploie un logiciel de surveillance, annonce des vagues de licenciements quarante-huit heures après, et s’apprête à sortir 8 000 personnes de ses effectifs moins d’un mois plus tard, après avoir passé les semaines intermédiaires à enregistrer la manière dont ces futurs ex-salariés écrivent, cliquent et lisent. Ce site a déjà analysé les implications financières de cette restructuration dans le dossier Meta supprime 8 000 postes pour investir 135 milliards de dollars dans l’IA. Le programme MCI en constitue le volet technique.
Ce que fait réellement le logiciel
MCI n’a rien d’un projet théorique. Il s’agit d’un agent logiciel actif installé sur les ordinateurs portables Meta distribués aux États-Unis. Les données collectées sont précises : chaque frappe au clavier, chaque mouvement de souris, chaque clic, ainsi que des « captures d’écran périodiques du contenu affiché ».
La liste des sites ciblés constitue le détail technique le plus éclairant. Meta ne se contente pas d’enregistrer l’activité sur ses outils internes, ce qui relèverait d’une politique classique de sécurité informatique. Les rapports confirment que la surveillance s’étend à des services externes indispensables au travail quotidien : Google (moteur de recherche et Google Workspace), LinkedIn, Wikipedia, GitHub, Slack et Atlassian. Threads et l’assistant Manus AI (dont le rachat par Meta a été annoncé fin 2025) figurent également sur cette liste, présentée comme évolutive.
Un porte-parole de Meta a justifié la démarche de la manière suivante : « Si nous concevons des agents destinés à aider les utilisateurs dans leurs tâches informatiques quotidiennes, nos modèles ont besoin d’exemples réels illustrant la manière dont les humains interagissent avec leur machine : les mouvements de souris, l’activation de boutons ou la navigation dans les menus déroulants. » Sur le plan purement technique, cette affirmation est exacte. Un agent d’IA ayant vocation à utiliser un navigateur, remplir des formulaires ou valider des requêtes a besoin de données d’entraînement issues d’un comportement humain réel. Les données synthétiques ou les prestations de micro-tâches (type Mechanical Turk) ne permettent pas de reproduire le cheminement cognitif d’un salarié en situation réelle de travail.
Ce que le porte-parole omet de préciser, c’est l’identité des personnes qui fournissent gratuitement ces données. Il s’agit des salariés eux-mêmes, qui paient de leur personne à chaque clic, alors qu’en parallèle 8 000 d’entre eux sont poussés vers la sortie et que 6 000 postes vacants sont définitivement supprimés.
Une option d’exclusion inexistante
Les déclarations les plus directes sont à mettre au compte d’Andrew Bosworth, le CTO de Meta. Interrogé sur la possibilité pour les salariés de s’exclure du programme, sa réponse a été sans équivoque : « Non, il n’y a aucune option d’exclusion possible sur votre ordinateur professionnel fourni par l’entreprise. » Questionné sur l’inclusion de Gmail dans le périmètre de capture, il a ajouté : « Gmail fait partie des environnements validés. Si cela vous pose problème, il est sans doute préférable de ne pas consulter votre messagerie personnelle sur votre ordinateur de travail. »
Cette remarque sur Gmail est révélatrice. Un programme présenté comme strictement limité au cadre professionnel ne devrait pas avoir à rappeler aux salariés que leurs courriels privés seront aspirés. Ce conseil constitue l’aveu implicite de la portée du logiciel : MCI capture l’intégralité de ce qui s’affiche à l’écran, sans distinction, laissant au salarié la responsabilité d’adapter son comportement pour échapper à la collecte.
Interrogé sur le type d’évaluation d’impact sur la vie privée menée sur ce projet, Andrew Bosworth a répondu avec détachement : « Ce projet a fait l’objet d’une évaluation d’impact. Je ne sais pas ce que vous entendez par “quel type d’évaluation”, mais il s’agit du protocole habituel. » C’est reconnaître implicitement que la notion d’évaluation de la vie privée chez Meta ne recouvre pas les garanties que les salariés pourraient légitimement en attendre.
Les objectifs à long terme de ce dispositif sont clairement assumés. Andrew Bosworth a décrit les futurs assistants d’IA comme les entités qui « réaliseront l’essentiel du travail », les salariés humains rescapés des vagues de licenciements étant cantonnés à des rôles de « supervision, de relecture et d’amélioration des modèles ». Les données collectées en avril et mai 2026 constituent la base d’entraînement du système destiné à remplacer ces tâches. Les employés licenciés le 20 mai font partie intégrante de cette base d’apprentissage.
L’exception européenne
Les salariés européens de Meta ne sont pas concernés par le programme MCI. Les rapports sur l’annonce d’Andrew Bosworth sont explicites : « Les législations européennes sur la protection des données et le droit du travail interdisent les dispositifs de surveillance intrusifs tels que le programme MCI. » Le Règlement général sur la protection des données (RGPD) exige une base légale pour tout traitement de données personnelles. Lorsque celle-ci repose sur le consentement, ce dernier doit être libre, spécifique, éclairé et univoque. De plus, les États membres de l’UE y superposent des règles nationales strictes sur la protection des travailleurs, rendant la surveillance généralisée en milieu de travail particulièrement difficile à justifier en justice.
Présenter le programme MCI comme une simple « collecte classique de données informatiques d’entreprise » se heurte à cette exception géographique. Si ce dispositif était si courant, il serait déjà déployé en Europe, où Meta emploie des milliers d’ingénieurs effectuant les mêmes tâches sur les mêmes applications. Le fait que Meta ait dû déployer des efforts juridiques pour exclure spécifiquement ses salariés européens du périmètre de capture démontre que la direction juridique du groupe considère elle-même que MCI dépasse le cadre d’une surveillance ordinaire. Là où la loi l’interdit, le programme s’arrête. Là où la loi le permet, le programme s’applique.
Cette asymétrie de protection géographique prend le contre-pied des arguments sur la mobilité des travailleurs. Un ingénieur basé dans l’UE, effectuant le même travail sur le même code pour la même entreprise, est préservé de la collecte. Son homologue américain sert de matière première d’entraînement.
L’analyse technique : les agents d’IA ont réellement besoin de données humaines
La justification technique du programme MCI est réelle et mérite d’être exposée objectivement. Les assistants d’IA orientés vers l’action sur ordinateur, que développent activement OpenAI, Anthropic, Google et Meta, ont besoin de données d’entraînement reproduisant la réalité complexe des interactions humaines. Les alternatives synthétiques (des modèles entraînés sur des captures d’écran ou des structures statiques de code HTML) échouent systématiquement face aux aléas des interfaces réelles : fenêtres modales incomplètes, comportements de focus erratiques ou utilisateurs naviguant au clavier plutôt qu’à la souris. Le porte-parole de Meta a raison de souligner que les « cas réels » constituent le chaînon manquant pour l’entraînement.
D’autres laboratoires ont choisi de résoudre cette difficulté en recourant à des prestataires spécialisés dans le cadre de projets d’annotation de données consentis, via des plateformes comme Scale AI ou Surge. Ces méthodes sont plus lentes, plus onéreuses que l’enregistrement direct de l’activité de ses propres équipes, et génèrent des volumes de données moindres. Meta a fait le choix d’utiliser ses propres salariés comme cobayes captifs. C’est ce choix méthodologique qui fait débat, non le besoin technologique sous-jacent.
L’autre volet de la défense repose sur la promesse de sécurité. Un porte-parole de Meta a indiqué à Fortune que « des garde-fous sont en place pour protéger les contenus sensibles et que ces données ne seront utilisées à aucune autre fin ». Les questions internes des salariés rapportées par Platformer tempèrent cette affirmation : les équipes se sont inquiétées de savoir comment le groupe comptait éviter la capture « d’informations personnelles identifiables d’utilisateurs tiers, ou de données médicales et financières propres aux salariés, sachant que le logiciel est autorisé à surveiller l’activité sur Gmail ». Le terme de « garde-fous » apparaît bien fragile pour un programme obligatoire dont le CTO conseille aux équipes d’éviter de consulter leurs courriels privés sur leur poste de travail.
L’inversion tayloriste
Le parallèle historique renvoie aux Principes d’organisation scientifique du travail publiés par Frederick Winslow Taylor en 1911, document fondateur de la surveillance des salariés. Taylor chronométrait chaque geste des ouvriers d’usine afin de réorganiser les tâches et d’accroître la productivité de chaque travailleur. L’objectif était d’optimiser l’humain.
Le programme MCI inverse cette logique. Les frappes et les mouvements sont enregistrés, mais l’optimisation ne vise pas le salarié surveillé. Elle cible l’agent d’IA appelé à le remplacer. Le chronomètre de Taylor cherchait à rendre l’ouvrier plus productif. Le programme MCI vise à rendre le salarié dispensable.
L’analogie industrielle la plus proche se situe au tournant des XVIIIe et XIXe siècles dans l’industrie textile britannique. Le métier à tisser mécanique d’Edmund Cartwright, breveté en 1785, visait à automatiser des tâches accomplies depuis des générations par des tisserands manuels ; dans les années 1810, le remplacement de ces artisans avait déclenché les révoltes luddites. Ce schéma (étudier le geste humain, concevoir la machine, se passer du travailleur) est bien antérieur à l’informatique. Le programme MCI l’applique simplement avec la vélocité d’une mise à jour logicielle d’entreprise.
L’analyse de ce site sur La chaîne de montage du secteur tertiaire décrivait comment les agents d’IA fragmentent le travail intellectuel en tâches élémentaires inspirées du taylorisme. Le programme MCI en constitue le socle de collecte de données. Il est impossible de tayloriser le travail de la connaissance sans mesurer précisément l’activité des professionnels concernés. C’est l’étape que réalise actuellement Meta.
Les implications réelles de l’action du 12 mai
L’action de tractage menée par les salariés ne se limite pas à une protestation sur le respect de la vie privée. Les tracts et la pétition s’appuient en priorité sur la loi nationale sur les relations de travail (NLRA), et non sur le RGPD ou les lois californiennes sur la protection des données. C’est un choix juridique délibéré.
La section 7 de la NLRA protège l’action concertée des salariés dans le cadre de négociations collectives ou d’entraide mutuelle. La section 8(a)(1) qualifie de pratique déloyale le fait pour un employeur d’entraver, de restreindre ou de contraindre les salariés dans l’exercice de ces droits. Le Conseil national des relations de travail (NLRB) a de longue date assimilé la surveillance généralisée en milieu de travail à une entrave potentielle. Un logiciel qui enregistre chaque frappe de clavier sur chaque machine professionnelle, sans possibilité de refus, correspond à la définition d’un système de surveillance de nature à dissuader toute démarche d’organisation syndicale. Si un ingénieur de Meta rédige un formulaire d’adhésion syndicale sur un document Google Workspace, le programme MCI est en mesure de l’intercepter.
La pétition constitue la première étape d’une probable action devant le NLRB. La qualification d’« Usine d’extraction de données » figurant sur les tracts relève de la rhétorique, mais le fondement juridique est réel : dès lors que la collecte est universelle et obligatoire, le droit du travail considère la surveillance en soi comme une entrave, que Meta exploite ou non les données à cette fin spécifique.
Au Royaume-Uni, les équipes ont engagé une démarche parallèle via l’antenne United Tech and Allied Workers (UTAW) du syndicat des télécommunications local. La démarche de l’UTAW est de nature structurelle : le contrat de travail britannique devra être distinct du modèle américain car l’extraction obligatoire des données de travail peut y être contestée sur la base du droit national et européen.
Ce qui se passera après le 20 mai
Trois étapes vont se succéder dans cet ordre.
Premièrement, le 20 mai, les 8 000 suppressions de postes prendront effet. Les données accumulées par MCI au cours des trois à quatre semaines précédentes resteront la propriété de Meta. Il n’existe aucun protocole de suppression des données d’entraînement des anciens salariés, et la formule du porte-parole assurant que « les données ne seront pas utilisées à d’autres fins » ne garantit en rien leur effacement.
Deuxièmement, la pétition et l’action de l’UTAW devraient donner lieu à des procédures judiciaires. Une plainte pour pratique de travail déloyale devant le NLRB suit son cours devant les instances régionales de l’agence, selon les règles définies par les sections 7 et 8 de la NLRA, invoquées par les salariés. Une demande d’accréditation syndicale au Royaume-Uni via l’UTAW suivrait un calendrier comparable.
Troisièmement, les autres grands groupes technologiques observent la situation. Meta a pris les devants sur un défi commun à toute l’industrie (constituer à grande échelle des données d’entraînement à l’utilisation des ordinateurs sans rémunérer des prestataires externes) et a choisi la voie de la moindre résistance. Si MCI résiste aux recours juridiques devant le NLRB et que le schéma d’exemption des salariés européens se maintient, la stratégie pour le reste du secteur sera tracée : déployer aux États-Unis, exclure l’Europe, intégrer l’activité des équipes dans les modèles, puis réduire les effectifs. Le 14 mai, alors même que les salariés de Meta comptaient les signatures sur leurs tracts, Cisco annonçait la suppression de 4 000 postes en parallèle de résultats financiers records et d’une réorientation stratégique vers les infrastructures d’IA, selon une logique opérationnelle comparable à celle de Meta.
L’aspect géographique de ce dossier est central. On pourrait imaginer un dispositif de type MCI qui soit techniquement argumenté, déployé de manière uniforme et accepté par les salariés en échange de contreparties réelles : actions gratuites supplémentaires, plans d’accompagnement solides, règles claires d’effacement des données ou droit de retrait effectif. Cette version de MCI n’existe nulle part. Le modèle déployé est celui qui s’applique dans les zones où la loi l’y autorise et s’arrête aux frontières où les règles s’y opposent. L’ingénieur européen et l’ingénieur américain accomplissent les mêmes tâches, sur les mêmes machines, pour le même employeur. Seul le second est utilisé comme matériau d’entraînement.
Conclusion
Les agissements de Meta sont, au regard du droit du travail et de la protection des données en vigueur aux États-Unis, considérés comme légaux. Ce constat constitue une critique de la législation américaine en la matière, non une décharge de responsabilité pour Meta. Le programme MCI capte l’activité cognitive de salariés qui reçoivent leur notification de licenciement 48 heures seulement après l’annonce du suivi, et Meta a confirmé que ces enregistrements serviraient à entraîner des modèles d’IA appelés, selon les mots de son propre CTO, à « réaliser l’essentiel des tâches ». L’action menée le 12 mai témoigne d’une réaction organisée de salariés de la tech aux États-Unis contre la captation obligatoire de leurs données de travail pour l’entraînement d’IA par l’employeur même qui s’apprête à les licencier.
Dans six jours, les personnes qui ont servi de base d’entraînement quitteront l’entreprise. Leurs données de travail demeurent.
Nos sources (14)
- cnbc.com Meta is tracking employee keystrokes on Google, LinkedIn, Wikipedia as part of AI training initiative
- fortune.com Meta will start tracking employees' screens and keystrokes to train AI
- platformer.news The week that Meta employees became training data
- engadget.com Meta employees are protesting the company's mouse tracking program
- ca.finance.yahoo.com Reuters via Yahoo Finance: Meta employees protest against mouse tracking tech at US offices
- rte.ie Meta staff protest against mouse-tracking tech in US
- techcrunch.com Meta to cut 10% of jobs, or 8,000 employees
- npr.org Meta will lay off 10% of its staff
- cnbc.com 20,000 job cuts at Meta, Microsoft raise concern of AI labor crisis
- euronews.com Meta to track staff's keystrokes and clicks to train its AI
- businesstoday.in Meta staff protest over activity tracking tool amid privacy concerns
- nlrb.gov National Labor Relations Act, Section 7
- commission.europa.eu European Commission: General Data Protection Regulation (GDPR)
- techcrunch.com Cisco cuts nearly 4,000 jobs to spend more on AI, reports record quarterly revenue
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